Test Gotham Knights: n’est pas l’héritier de Batman qui veut

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La sortie de Gotham Knights le 21 octobre marque la fin d’une fresque de plus deux ans, et de l’attente de nombreux fans. Seulement, est ce que le jeu méritait tout ce tintamarre ? La réponse dans notre test ci-dessous.

[Mis à jour le 20 octobre 2022 à 18h29] Quand Warner Bros Games avait annoncé la sortie de Gotham Knights il y a maintenant plus de deux ans, les fans de l’univers de DC Comics se sont vite levés de leur chaise. Un triple A open-world en plein Gotham City, en coopération, dont l’ambition technique en faisait un projet exclusivement réservé à la next-gen avait de quoi en faire saliver plus d’un. Deux années de reports et de choix de développement parfois questionnables plus tard, nous voici face à Gotham Knights. Un produit policé, respectueux de l’univers DC et qui nous prouve que Warner Bros Games Montréal sait y faire quand il s’agit du chevalier noir. Seulement, là où l’on touche le grandiose dans l’histoire et la mise en scène, on tombe de haut côté gameplay. Notre test.

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Gotham Knights : test, prix, gameplay… L’essentiel sur la nouvelle sortie

Gotham Knights nous transporte dans un univers post-chevalier noir dans une ville de Gotham City plombée par le crime et la corruption. Notre test, nos conseils d’achat et toutes les informations essentielles, c’est juste ci-dessous.

Notre test de Gotham Knights

Dans le genre jeu DC / open-world, Warner Bros Games Montréal a un petit peu d’expérience, et ça se sent. Après le succès relatif d’Arkham Knights en 2015, le studio se devait de prouver une nouvelle fois qu’il maîtrisait l’univers du chevalier noir et nous offre la grande épopée Gotham Knights. Un projet ambitieux, maintes fois repoussé, et dont la communication nous inonde depuis quelques mois. Nous avons eu l’occasion d’y jouer en amont de sa sortie, et de découvrir l’ampleur des efforts du studio pour l’une des sorties les plus attendues de cette fin d’année 2022. Et une chose est sûre, il y a beaucoup de choses à dire.

Gotham Knights nous plonge dès les premières minutes tête la première dans son univers, la faute à une cinématique d’introduction et à une bande-son toutes deux admirablement réalisées, qui posent les bases d’un univers cinématographique de haute qualité. En effet, Gotham Knights est avant tout une enquête, une histoire sombre et alambiquée, fortement marquée par le deuil et qui nous donne de bonnes raisons d’écumer les rues de Gotham la nuit. Les dialogues et les cinématiques sont travaillés, le scénario prenant, les personnages relativement crédibles et surtout très attachés à leurs origines dans l’univers DC. Car Warner Bros Games Montréal sait y faire quand il s’agit de représenter Gotham et ses habitants. L’ambiance de la ville, sa corruption rampante, son crime sans limite, ses habitants à la moralité douteuse, tout y est pour nous y transporter dans cet univers universellement adoré et familier. Gotham vit et est l’un des acteurs principaux de cette fresque narrative. En bref, le studio apprécie et respecte son univers, et nous prouve une nouvelle fois qu’il maîtrise son sujet.

Le deuil, un personnage inévitable © JVLinternaute

Mais malheureusement, si Gotham Knights excelle en tant que “film” notamment au niveau de sa quête principale, il échoue sur de nombreux points de sa technique et de son gameplay. Enfin, échouer est un bien grand mot quand on pourrait simplement parler d’un certain manque d’ambition. Pour commencer, il faut rendre à César ce qui est à César, le jeu est beau, et justifie largement son exclusivité “next-gen” (PC, PS5, Xbox Series). Le monde ouvert de Gotham, bien que perpétuellement plongé sous la pluie dans nos sorties exclusivement nocturnes, est admirablement construit et vraisemblable, collant honnêtement à l’image typique que l’on se ferait de la ville légendaire.

Seulement, Gotham Knights tombe dans les défauts de ses avantages ; certes, le joueur a la liberté de se déplacer où bon lui semble, mais la ville semble cruellement vide. Quelques taxis sur les routes ça et là, quelques passants aux conversations génériques, et beaucoup de méchants qui répètent les mêmes activités malfaisantes chaque nuit. Au moins, Gotham Knights confirme une chose ; la croissance de la popularité du genre open-world nous a par la même occasion fait découvrir ses limites. Un monde ouvert peut très vite sembler vide et ennuyant s’il n’est pas rigoureusement animé. C’est malheureusement le cas de Gotham ici qui, malgré son look d’enfer, affiche un regard vide. Et c’est d’autant plus étonnant que Gotham City est un acteur majeur de l’univers DC. La ville est souvent personnifiée, vivante, presque dotée de sa propre conscience. Et bien qu’il soit très difficile de transmettre ce genre de sentiment à l’écran, ce n’est pas en vous baladant dans ses rues que vous en aurez le ressenti.

Gotham City est belle, et vide © JVLinternaute

Le système de progression du jeu est quant à lui l’un de ses gros points fort. Bien entendu, votre personnage dispose d’un arbre de compétence qu’il pourra progressivement débloquer en gagnant des niveaux. Juste ici rien de bien surprenant. Mais il lui faudra aussi compléter des défis pour débloquer des compétences spéciales, propre à son identité. Une petite dose de challenge qui ne fait aucun mal et nous offre un peu d’originalité là où la prise de risque est peu souvent récompensée. Coup de chapeau aussi sur la possibilité de crafter vos propres tenues et l’absence (pour l’instant) de boutique de cosmétiques en jeu. Là on applaudit, bien que l’ergonomie du menu soit parfois grinçante.

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Parlons maintenant d’un élément essentiel du jeu : son combat. Encore une fois ici, Gotham Knights excelle sur certains points, et échoue de peu dans d’autres. Si vous cherchez une comparaison vous permettant de saisir la qualité du combat de Gotham Knights, pensez aux récents Assassin’s Creed. Vous disposez d’une attaque au corps à corps légère (appuyer sur le même bouton vous offre une attaque lourde), d’une attaque à distance (appuyer sur le même bouton vous offre une attaque lourde), de la possibilité de se saisir des ennemis blessés, et d’un bouton d’esquive magique. Ajoutez à cela des attaques aériennes plus ou moins silencieuses ainsi que l’option de dépenser votre “mana” pour des compétences spéciales et vous aurez vite compris la comparaison entre le combat des deux jeux. Dans l’ensemble, les finishers et les animations rendent le combat diablement satisfaisant. Chacun des quatre personnages jouable a son propre arsenal, et là où Red Hood va se saisir d’un ennemi par la gorge avant de le plaquer lourdement au sol, Robin optera pour une élimination plus subtile. L’environnement joue un rôle crucial dans vos prises de décision et l’intelligence artificielle des IA offre des phases d’infiltration relativement ardues.

Le beffroi, votre base d’action et votre seule dose de vitamine D © JVLinternaute

Mais, il y a forcément un mais, le combat ne semble pas assez organique. Une observation portée par deux facteurs, à savoir le manque de diversité de vos ennemis (les petits au corps à corps, les petits à distance, les gros, deux modèles pour chaque catégorie, point) et leur comportement virant au robotique. Je m’explique, on se retrouve parfois face à une dizaine de Parias représentés par quatre modèles de personnage tout au plus, qui vous regardent taper leurs camarades en tentant de temps en temps une rafale d’AK-47 téléphonée de trois balles et trois balles seulement. Encore une fois, Gotham Knights manque la marque de peu, là où les cinématiques et les finishers offrent un combat brutal au fort potentiel, le manque de diversité des ennemis et de leurs actions limite ce qui aurait pu s’approcher du grandiose.

Le combat parfois parfait © LinternauteJV

C’est d’ailleurs le sentiment global qui ressort de notre test de Gotham Knights. Le jeu est loin, très loin d’être mauvais, nous proposant une interprétation de Gotham proche de la perfection, un scénario solide et prenant, des cinématiques et des dialogues extrêmement travaillés et une bande son à tomber par terre. Mais il tombe malheureusement dans le plus gros piège du genre open-world : la répétition. Gotham Knights est victime d’un univers rendu vide par une intelligence artificielle trop prévisible et répétitive, des quêtes secondaires identiques d’une nuit à l’autre, à l’image des évènements intempestifs lors des phases d’exploration libre. Le jeu reste beau malgré quelques soucis de performance sur PC et l’absence d’un mode 60 fps sur console, et propose une aventure clairement respectueuse de l’univers de Gotham City. Mais il nous prouve une nouvelle fois que le style ne fait pas tout si l’on manque au fond de substance. Il sera à notre sens crucial de combler le vide des rues de Gotham City par la présence d’un compagnon en mode coopération.

Les avis de la presse

Pour l’instant, Gotham Knights fait un démarrage poussif dans la presse spécialisée. Le jeu cumule un score de 69/100 sur Metacritic, une note passable pour un jeu similairement passable si vous voulez notre avis. Mais il reste certains avis élogieux, comme celui de JVC qui lui attribue 16/20 : “Gotham Knights, orphelin de la figure iconique de Batman, reprend le flambeau avec panache. Nos héros font honneur au Chevalier Noir le temps d’une aventure grisante inspirée des comic books. La ville de Gotham, plus sombre que jamais, les combats techniques et nerveux, et la complémentarité des quatres justiciers soufflent un vent de fraîcheur super-héroïque sur l’univers de Batman. Sans être parfait avec ses défauts de caméra et ses missions parfois redondantes, le titre de Warner Games frappe fort et prouve que Batman n’est pas le seul héros digne de ce nom à Gotham.”

Le jeu n’est en revanche pas du goût de Gameblog qui lui donne 6/10 : “Gotham Knights est de ces jeux au potentiel gâché par un amas de choix de game design douteux. Pas déplaisant à jouer, fun la plupart du temps, agréable à l’œil, véritable identité, mais cassé par son rythme et son manque de diversité, le titre nous laisse sur notre faim. Histoire oubliable, solo terni par les stigmates du multijoueur, coopération qui ne va pas au bout des choses … Warner Bros Montréal avait de bonnes idées qui ne parviennent jamais à aboutir. Sans être foncièrement mauvais, Gotham Knights nous laisse avec la sensation persistante d’un jeu service abandonné qui aurait pu être prometteur s’il avait été assumé. Un jeu honnête, sympa à faire en coopération mais qui restera dans l’ombre des Batman Arkham.